Partager l'article ! Rendez-vous: Je passerai te chercher devant chez toi à vingt heures. Je sonnerai à ta porte, et tu m'ouvriras, avec ton sourire éternellement ...
Je passerai te chercher devant chez toi à vingt heures. Je sonnerai à ta porte, et tu m'ouvriras, avec ton sourire éternellement charmeur, ta coiffure si soignée, et ta posture pleine de confiance. Je serai heureux d'être enfin arrivé à ce moment que j'aurais tant attendu. Je te tendrai le bouquet caché derrière mon dos, et, émue, tu en détailleras la beauté, sans pourtant saisir ce qu'à travers chacune de ces fleurs j'essaierai de te dire.
-"Tu es prête?"
-"Oui, c'est bon. On peut y aller".
Une fois dans la voiture, on se racontera nos journées mutuelles. Place sera faîte aux derniers potins et nouvelles du travail, à la une des journaux, et aux diverses anecdotes que l'on aura vécues en ce jour. La route sera longue, mais il n'y aura aucun blanc. Je te ferai rire,de ton rire doux et discret, fuyant et incontrôlable. Je serai ravi.
Arrivée au restaurant. J'aurai réservé à la table 38 (la plus chaleureuse grâce au peu de lumière et de bruit présents) de ce petit restaurant italien rue Lepic, près de la place Clichy. Nous nous installerons tranquillement, accueillis comme il se doit par le personnel au teint bronzé et à l'allure impeccable. Nous commanderons entrée, plat puis dessert. Avec du vin, beaucoup de vin. Cette soirée devra être faîte d'ivresse...car dans le vin, les mots explosent, les corps se réchauffent, les rires se font sincères, et ainsi l'union se facilite. Nous prendrons ensuite un café, et, après moultes confessions et révélations de la plus grande intimité, embaumés par la fumée de nos cigarettes, je prendrai instinctivement ta main dans la mienne. Tu ne seras pas surprise, et dans l'élan de cette complicité avouée décorée par cette image arrêtée, tu m'embrasseras, tendrement. Nos lèvres collées, sans vulgarité, éveilleront nos espoirs passés, nos désillusions, nos défaites. Tu trembleras un peu; puis nous nous séparerons enfin, sans que nos regards ne se quittent. Et nous plongerons brièvement dans nos pensées, et ensemble, sans le savoir, nous nous demanderons comment se poursuivra la soirée. Prenant de plein fouet mon rôle de mâle adulte et qui se doit d'assurer, je me lancerai:
-"Tu viens boire un verre chez moi?"
-"Oui Nico."
Sur le trajet du retour, pour profiter pleinement du silence qui suivra la digestion, nous écouterons le CD que j'aurais spécialement enregistré pour l'occasion. J'aurai choisi Miles Davis, Portishead, Stina Nordenstam...nous nous réconforterons ensemble dans ses instants, et à travers ce mutisme comblé par tant d'émotion, nous nous laisserons emporter par le désir qui montera, l'un pour l'autre, lentement, progressivement.
On arrivera à destination, et devant la porte d'entrée de la maison, je m'arrêterai. Il fera froid, mais qu'importe: je te fixerai longtemps, et tu tiendras le coup. Et en un sourire, je metterai les clefs dans la serrure.
Pendant que j'irai nous servir un whisky, tu visiteras le salon, détaillant divers livres, films ou photographies. Tu te diras qu'on a beaucoup en commun, et tu te demanderas si au fond c'est une bonne chose. Je ne reviendrai toujours pas. Les minutes passeront, et, intriguée, tu m'appelleras. Il n'y aura pas de réponse. Inquiète, tu te dirigeras vers la cuisine. Dans le couloir, tu ne trouveras pas l'interrupteur de la lumière. Tu t'orienteras en posant tes mains sur les murs. Tu me hèleras encore, et encore, mais je ne te ferai toujours aucun signe. Tu n'entendras que le son de ta respiration, et cette moquette s'enfoncer légèrement sous le poids de tes pas. Tu arriveras dans la cuisine. Mais celle-ci sera vide. A peine le temps de te retourner...Noir.
Ta tête te fait très mal. Ca tourne, et ça tourne...Tu ne sais pas ce qui t'arrive, tu es encore un peu inconsciente. Rapidement tu reviens à toi, et tu te rends compte que ton coprs est en train de bouger. Pire, il est secoué de toutes parts. Et tu sens cette douleur poignante au bassin, et dans tout ton ventre. Tu ouvres les yeux, tu me vois et réalises.
-"Arrête! Arrête!"
Tu te débats, tu commences à pleurer, beaucoup, et tu continues de hurler. Tu deviens trop agitée, alors je te frappe sèchement du poing sur l'arcade droite. Elle explose, tu pisses le sang.
-"Salaud...salaud."
Je vais très vite en toi, d'une sauvagerie rare. Ton sexe commence à saigner, et ça m'excite. Je te bats à nouveau, mais sur la joue cette fois-ci. Je ne me contrôle plus. Pour moi, tu es le démon, la bête ingrate qui doit recevoir sa punition. Tu dois te soumettre, parce-que je suis ton père, ton homme, ton Dieu. Sexuellement, je ne ressens rien. Mon plaisir ne vient que de la violence de l'acte et de la souffrance que je te vois éprouver. Je vis l'insaisissable, l'unique. C'est la pureté à l'état brut. Je ne te hais pas, c'est juste que pour moi tu n'es rien.
Tu penses à tes parents, à tes amis. Tu voudrais qu'ils viennent te sauver. Tu les aimes, et te noies dans tes larmes en te demandant ce qu'ils font, eux, en ce moment, alors que toi tu agonises dans ton calvaire.Mais tu as honte, honte de devenir sale et rebutante. Tu sais déjà que tout va changer. Tu as compris que tu ne serais plus jamais la même.
Je me retire d'un coup, je te retourne brutalement, face au sol, et je plonge dans ton anus. C'est l'extase, l'apothéose du sens de ma vie. Tout en allant en toi, je me décide à refaire don de mon impulsivité à tes nécessités malsaines. Je prends le couteau sur la table basse à côté de nous, et je te taillade. Les fesses, les jambes, le dos. Je te menace de te tuer si tu n'es pas sage, je te passe l'arme sous la gorge. Tu n'as jamais tremblé autant de toute ta vie, et prise de panique, tu t'époumones de toutes tes forces:
-"Au secours! Aidez-moi! Au-secours!"
Excédé par cette révolte immature, je me saisis de tes longs cheveux,et je te tire vers moi, le plus haut possible. Puis je cogne ta tête sur le recoin de la tab le. Une, deux, trois, quatre fois...Le bruit émanant du choc me fait gémir. Jusqu'à ce que tu ne réagisses plus. Ca y est, tu ne respires plus, tu es partie. Je peux continuer. Je reprends mes va et vient, j'accélère le rythme, je pousse des cris gutturaux. Ton corps se laisse faire, ce n'est plus qu'un morceau de viande inanimé. Je pense à ça, j'y pense de plus en plus fort, et je sens la semence venir. Je te caresse tout le dos, je te malaxe les arrières, et j'embrasse ton cou. Quand, au sommet de mon art, je jouis en toi.
Essoufflé, je me retire et me relève. Je t'examine. Que tu es belle comme ça, gîsant à meme le sol, le derrière offert à ton libérateur. Enfin ,je m'en vais vers la salle de bains pour prendre une douche, laissant ton cadavre reposer par terre.
Nico Kapa
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