Jeudi 14 janvier 2010 4 14 /01 /Jan /2010 21:57

Emprisonné par ces délires répétés, je cherche une issue qui me mène à la réalité. J'entends un cri loin de moi...plaintif, aiguisé, il se dirige vers le ciel. En levant les yeux on y perçoit les douleurs des êtres humains. Je me reconcentre, pour éviter l'explosion de mes désirs vicieux. Et les yeux fermés, j'aperçois ma femme au seuil de notre maison blanche aux volets bleus. Elle tient notre bébé dans ses bras, et me fait un grand signe de la main avec un beau sourire. Je réalise que tout cela n'est peut-être pas si loin.

Il faudra passer par diverses étapes éprouvantes...comme si à chaque pas le brasier se faisait de plus en plus chaud sous les pieds; comme si on avait l'impression que notre but s'éloignait au fur et à mesure que l'on avancerait. C'est là qu'il faut de la volonté, de la persévérance. On pense que ce sont les derniers souffles de notre existence, alors qu'ils ne sont en réalité qu'une transition vers l'état de grâce. On est confronté aux sourires gênés, aux chuchotements dans le dos, aux réactions craintives. Et pourtant au fond de nous on y croit, seul, mais terriblement fort. Parce-que cette libération, c'est tout ce que l'on veut.

Je songe à ma dépendance...cette gêole noire, exigüe, sale et putride. Pas d'air, pas de lumière. Debout au centre de la pièce, je transforme en un souffle ce qui m'entoure: le plafond humide et bas est en fait un ciel bleu parsemé ci et là de jolis nuages blancs où s'amusent à "voldanser" des dizaines de petits oiseaux blancs au bec large; les murs noirs qui m'encerclent sont une foule immense, et tous ces gens sont mes amis. Proches, la main sur le coeur, ils sont vêtus de jaune, de vert, de bleu, de rose, et affichent tous sur leur visage un air vif et rieur. Le sol dur et crevassé sur lequel je dors est un tapis d'herbe fraîche et épaisse qui réveille mes joues lasses de sa rosée doucement surprenante. Et le paysage qui s'ouvre à mes yeux à chacun de mes réveils est toujours éblouissant: un jour une cascade immense, fraîche et animale, mais qui ne produit pas un son. Le lendemain, ce sont des arbres en tous genres (séquoïas, oliviers, saules pleureurs...) qui tournent en rond jusqu'à se mélanger, pour enfin se séparer et m'inviter à les escalader un à un. "Qui de nous est le plus grand?" Le jour d'après, je me lève pour poser pied sur un arc-en-ciel un peu glissant et contempler sans disgrâce la beauté du sous-sol.

Si jamais j'ai envie de sortir de ce cube, mon esprit me ramène à la réalité, et je vois cette cage telle qu'elle est vraiment. Je me rends soudainement compte que je suis isolé dans cette horreur, torturé, prisonnier. Je me rends compte que non seulement je ne suis pas comme les autres, mais je me trouve aussi très loin d'eux. Mon existence s'éteind de leur coeur, de leur quotidien. Elle s'évapore loin de leur regard. L'isolement ne se fait plus uniquement par le biais du caractère physique: il prend réellement vie quand mon prénom, mon visage, mon identité dans son intégrité s'effacent de leur mémoire. Comme ces centaines de noms que l'on lit sur les pierres tombales et autres monuments aux disparus de guerres et que l'on oublie à l'heure de l'apéro au bistrot du coin. Sauf qu'eux, ils ont encore la roche pour laisser une trace, une preuve. C'est bel et bien un cercle vicieux (et je pèse le mot) qui encercle ma personne; car c'est à ce moment-là, quand je sais que je n'ai plus personne, que le mieux est encore de reprendre la bouteille, de tirer sur ce joint. Non pas pour la beauté artistique du geste mélodramatique, mais parce-que la soif étanchée et les yeux un peu gonflés, je peux encore me permettre de sourire à mon mirroir. J'y vois ce visage flouté aux pupilles paumées qui se répète face à lui-même qu'au fond, il y a encore de l'espoir pour demain. Tant que je n'ai pas envie de mourir, tant que je sais vivre de belles choses, les savourer jusqu'à leur ossature, quitte à ce qu'elles se fassent de plus en plus rares, je peux prétendre que ma journée n'a pas été si inutile que cela. "Demain, j'arrête?". Non. Demain, j'en ferai juste un peu moins.

Nico Kapa

Par NicoKapa - Publié dans : Littérature - Communauté : vos poèmes
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Mardi 19 mai 2009 2 19 /05 /Mai /2009 22:38
Par NicoKapa - Publié dans : Vidéo - Communauté : krybaby TV la communauté.
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Jeudi 14 mai 2009 4 14 /05 /Mai /2009 19:29

Je passerai te chercher devant chez toi à vingt heures. Je sonnerai à ta porte, et tu m'ouvriras, avec ton sourire éternellement charmeur, ta coiffure si soignée, et ta posture pleine de confiance. Je serai heureux d'être enfin arrivé à ce moment que j'aurais tant attendu. Je te tendrai le bouquet caché derrière mon dos, et, émue, tu en détailleras la beauté, sans pourtant saisir ce qu'à travers chacune de ces fleurs j'essaierai de te dire.

-"Tu es prête?"

-"Oui, c'est bon. On peut y aller".

Une fois dans la voiture, on se racontera nos journées mutuelles. Place sera faîte aux derniers potins et nouvelles du travail, à la une des journaux, et aux diverses anecdotes que l'on aura vécues en ce jour. La route sera longue, mais il n'y aura aucun blanc. Je te ferai rire,de ton rire doux et discret, fuyant et incontrôlable. Je serai ravi.

Arrivée au restaurant. J'aurai réservé à la table 38 (la plus chaleureuse grâce au peu de lumière et de bruit présents) de ce petit restaurant italien rue Lepic, près de la place Clichy. Nous nous installerons tranquillement, accueillis comme il se doit par le personnel au teint bronzé et à l'allure impeccable. Nous commanderons entrée, plat puis dessert. Avec du vin, beaucoup de vin. Cette soirée devra être faîte d'ivresse...car dans le vin, les mots explosent, les corps se réchauffent, les rires se font sincères, et ainsi l'union se facilite. Nous prendrons ensuite un café, et, après moultes confessions et révélations de la plus grande intimité, embaumés par la fumée de nos cigarettes, je prendrai instinctivement ta main dans la mienne. Tu ne seras pas surprise, et dans l'élan de cette complicité avouée décorée par cette image arrêtée, tu m'embrasseras, tendrement. Nos lèvres collées, sans vulgarité, éveilleront nos espoirs passés, nos désillusions, nos défaites. Tu trembleras un peu; puis nous nous séparerons enfin, sans que nos regards ne se quittent. Et nous plongerons brièvement dans nos pensées, et ensemble, sans le savoir, nous nous demanderons comment se poursuivra la soirée. Prenant de plein fouet mon rôle de mâle adulte et qui se doit d'assurer, je me lancerai:

-"Tu viens boire un verre chez moi?"

-"Oui Nico."

Sur le trajet du retour, pour profiter pleinement du silence qui suivra la digestion, nous écouterons le CD que j'aurais spécialement enregistré pour l'occasion. J'aurai choisi Miles Davis, Portishead, Stina Nordenstam...nous nous réconforterons ensemble dans ses instants, et à travers ce mutisme comblé par tant d'émotion, nous nous laisserons emporter par le désir qui montera, l'un pour l'autre, lentement, progressivement.

On arrivera à destination, et devant la porte d'entrée de la maison, je m'arrêterai. Il fera froid, mais qu'importe: je te fixerai longtemps, et tu tiendras le coup. Et en un sourire, je metterai les clefs dans la serrure.

Pendant que j'irai nous servir un whisky, tu visiteras le salon, détaillant divers livres, films ou photographies. Tu te diras qu'on a beaucoup en commun, et tu te demanderas si au fond c'est une bonne chose. Je ne reviendrai toujours pas. Les minutes passeront, et, intriguée, tu m'appelleras. Il n'y aura pas de réponse. Inquiète, tu te dirigeras vers la cuisine. Dans le couloir, tu ne trouveras pas l'interrupteur de la lumière. Tu t'orienteras en posant tes mains sur les murs. Tu me hèleras encore, et encore, mais je ne te ferai toujours aucun signe. Tu n'entendras que le son de ta respiration, et cette moquette s'enfoncer légèrement sous le poids de tes pas. Tu arriveras dans la cuisine. Mais celle-ci sera vide. A peine le temps de te retourner...Noir.

Ta tête te fait très mal. Ca tourne, et ça tourne...Tu ne sais pas ce qui t'arrive, tu es encore un peu inconsciente. Rapidement tu reviens à toi, et tu te rends compte que ton coprs est en train de bouger. Pire, il est secoué de toutes parts. Et tu sens cette douleur poignante au bassin, et dans tout ton ventre. Tu ouvres les yeux, tu me vois et réalises.

-"Arrête! Arrête!"

Tu te débats, tu commences à pleurer, beaucoup, et tu continues de hurler. Tu deviens trop agitée, alors je te frappe sèchement du poing sur l'arcade droite. Elle explose, tu pisses le sang.

-"Salaud...salaud."

Je vais très vite en toi, d'une sauvagerie rare. Ton sexe commence à saigner, et ça m'excite. Je te bats à nouveau, mais sur la joue cette fois-ci. Je ne me contrôle plus. Pour moi, tu es le démon, la bête ingrate qui doit recevoir sa punition. Tu dois te soumettre, parce-que je suis ton père, ton homme, ton Dieu. Sexuellement, je ne ressens rien. Mon plaisir ne vient que de la violence de l'acte et de la souffrance que je te vois éprouver. Je vis l'insaisissable, l'unique. C'est la pureté à l'état brut. Je ne te hais pas, c'est juste que pour moi tu n'es rien.

Tu penses à tes parents, à tes amis. Tu voudrais qu'ils viennent te sauver. Tu les aimes, et te noies dans tes larmes en te demandant ce qu'ils font, eux, en ce moment, alors que toi tu agonises dans ton calvaire.Mais tu as honte, honte de devenir sale et rebutante. Tu sais déjà que tout va changer. Tu as compris que tu ne serais plus jamais la même.

Je me retire d'un coup, je te retourne brutalement, face au sol, et je plonge dans ton anus. C'est l'extase, l'apothéose du sens de ma vie. Tout en allant en toi, je me décide à refaire don de mon impulsivité à tes nécessités malsaines. Je prends le couteau sur la table basse à côté de nous, et je te taillade. Les fesses, les jambes, le dos. Je te menace de te tuer si tu n'es pas sage, je te passe l'arme sous la gorge. Tu n'as jamais tremblé autant de toute ta vie, et prise de panique, tu t'époumones de toutes tes forces:

-"Au secours! Aidez-moi! Au-secours!"

Excédé par cette révolte immature, je me saisis de tes longs cheveux,et je te tire vers moi, le plus haut possible. Puis je cogne ta tête sur le recoin de la tab le. Une, deux, trois, quatre fois...Le bruit émanant du choc me fait gémir. Jusqu'à ce que tu ne réagisses plus. Ca y est, tu ne respires plus, tu es partie. Je peux continuer. Je reprends mes va et vient, j'accélère le rythme, je pousse des cris gutturaux. Ton corps se laisse faire, ce n'est plus qu'un morceau de viande inanimé. Je pense à ça, j'y pense de plus en plus fort, et je sens la semence venir. Je te caresse tout le dos, je te malaxe les arrières, et j'embrasse ton cou. Quand, au sommet de mon art, je jouis en toi.

Essoufflé, je me retire et me relève. Je t'examine. Que tu es belle comme ça, gîsant à meme le sol, le derrière offert à ton libérateur. Enfin ,je m'en vais vers la salle de bains pour prendre une douche, laissant ton cadavre reposer par terre.

 

Nico Kapa

Par NicoKapa - Publié dans : Littérature - Communauté : trop dure la vie....
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Vendredi 1 mai 2009 5 01 /05 /Mai /2009 19:06
Par NicoKapa - Publié dans : Vidéo - Communauté : krybaby TV la communauté.
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Jeudi 30 avril 2009 4 30 /04 /Avr /2009 11:29

Dans l’appartement situé au dernier étage de l’immeuble pénétrait par la fenêtre ouverte une douce chaleur estivale, de celles qui vous enveloppent le corps et vous font sentir apaisé, un peu libéré. C’était une de ces nuits parisiennes féeriques… les artistes parcourent les rues, démontrent tout leur talent, émerveillant les passants, les terrasses abondent de bouches sèches voulant se rafraîchir, la lumière est partout, réveillant l’inspiration magique des bonnes âmes prêtes à se donner… on a de l’espoir, prêt à s’envoler au moindre souffle ; les grandes façades, sombres majestés imposantes, semblent protéger cette atmosphère particulière, elles emprisonnent le bon sentiment de ces intelligences retrouvées.

Dans la chambre bleue, l’encens accentuait cette impression de légèreté. Les sens en éveil, je regardai autour de moi, analysai les reproductions de Picasso illuminées par des spots les surplombant, ainsi que les photos de Doisneau et les masques africains rapportés du continent. Tout ce mélange de styles dans la même pièce me donnait quelque peu le tournis. Heureusement, Eva revînt enfin de la cuisine, une bouteille de vin rouge et deux verres dans les mains, et la vue de son doux visage me rassura. Elle était splendide. Sa robe noire lui moulait tout le corps. Ainsi, je voyais ses grandes jambes fines, ses cuisses parfaites, et ses petites hanches finir une chute de reins qui était l’harmonie incarnée. La maigreur de son ventre était annihilée lorsque je remontais sur ses seins, fruits parfaits à l’aspect appétissant ; on voudrait croquer dedans et en boire tout le jus. Son cou blanc, souple, et chaud comme les flammes, descendait sur des épaules exquises, là où sa peau attendrissante invitait aux baisers. Elle avait lâché ses longs cheveux blonds, insistant ainsi sur sa liberté d’être la femme qu’elle désirait. Son visage était légèrement maquillé ; ce sont surtout ses lèvres qui ressortaient, teintées d’un rouge timide et séduisant. Ce faciès était la réunion de la beauté et de l’intelligent développement artistique du physique. Elle savait ce qui plaisait aux hommes, et en jouait un peu. Maligne, elle en devenait encore plus attirante.

Nous nous assîmes sur le lit recouvert de draps, bleus eux aussi. Je me saisis de la bouteille et servis les deux verres. Après avoir trinqué à notre solitude, un silence s’installa. Pas un silence gênant, non ; c’était la paix de nos cœurs, inspirée par le fait de se retrouver là, tous les deux seuls, qui parlait de toute sa vérité, et nous sentions ce calme absolu, cette face cachée de notre partie humaine prendre le dessus sur les mots. Elle me regardait avec son petit sourire en coin, celui qui vous donne de la tendresse, et vous aspire vers elle. « Tu veux fumer ? » me dit-elle, à quoi je répondis « Oui ».

Cinq minutes plus tard, nous étions étendus l’un à côté de l’autre. Elle tenait le joint entre deux de ses doigts, et tandis qu’elle fumait, je la regardais faire, et je me demandais comment je pourrais faire pour être aussi sexy qu’elle juste en tirant sur ce talisman. Celui-ci dura vingt bonnes minutes, toujours dans un silence complet. On n’entendait que le souffle sortant de la bouche pour extraire le produit. Quand j’écrasai le mégot, nous nous regardâmes un moment, souriant bêtement. Complexé par mon attitude désinvolte et passive, je détournai les yeux pour reprendre une gorgée de vin. Elle me saisit le bras au moment où je le tendais pour me servir. Surpris, je replongeai dans son regard pour comprendre. Elle s’approcha doucement de moi, continuant à me fixer dans les pupilles, et colla ses lèvres aux miennes, dans un instant de pure folie sensuelle. Je sentis sa chair tendre et rouge me donner des baisers, puis elle ouvrît un peu plus sa bouche, et sa langue chaude se mît à jouer avec la mienne. C’était un vrai délice, un de ces baisers passionnés où rien ne compte plus que les deux êtres concernés, et le respect (dans ce cas essentiellement physique) qu’ils se portent mutuellement.

De nos lèvres, ce furent ensuite nos corps qui se frottèrent. Ses seins contre mon torse, mon érection incontrôlable entre ses cuisses. Mon cœur s’emballait, mais pouvait-il en être autrement ? Je la désirais tant, dans la furtivité de l’instant, que j’en étais obsédé. Et pourtant, c’est bien elle qui me déshabilla la première, violemment, dans un élan instinctivement animal, tout fait de brutalité dévergondée. Une fois nu, je fis évidemment de même avec elle, et je pus enfin déguster l’intégralité de son corps, profiter de la femme entière qui se donnait à moi. Je descendis petit à petit vers son entrejambes, semant sur mon passage de doux baisers qui me tracèrent le bon chemin. Alors, je posai ma langue sur son clitoris, et commençai à la faire tourner sur ce bout de chair si délicat. Dans le même temps, je lui massai les seins, pour qu’elle sente que j’étais partout à la fois. J’avais le pouvoir, j’étais un mâle dominant dont la seule langue était facteur de la jouissance de l’autre. Elle gémissait de plus en plus ; puis elle se mît à crier, secouant tout son corps de tous les côtés, et je la serrai bien de mes deux mains pour la maintenir sur terre dans son envol. Quelques secondes plus tard, elle s’apaisa, respirant plus calmement, essoufflée. Je la léchai encore un peu, pour achever l’acte, avant de revenir sur elle et de me rendre compte que son corps était bouillant. Je récupérai sa langue dans ma bouche, et enfonçai mes doigts dans son sexe humide, tournoyant à l’intérieur, comme si je devais laisser une trace sur chaque parcelle de ses parois. Je la sentis désormais très excitée, et je me décidai donc. Je la pénétrai tout doucement, et l’immédiate sensation de chaleur remplit mon corps de plaisir. Je la regardai droit dans les yeux, dans ces va et vient plutôt tendres et langoureux. Elle agrippa mes fesses de ces deux mains, et m’enfonça en elle au plus profond, d’un coup brusque. Elle avait envie de sauvage. Alors, j’allais de plus en plus vite, saccadant chacun du final de mes allées pour qu’elle me prenne entier, jouissant le plus fortement possible. Etre entre ses reins était pour moi un privilège, et je me le rappelai à chaque poussée. Celles-ci devenaient véritablement violentes, et au fur et à mesure que cela augmentait en puissance, tout se mettait à tourner autour de moi. Elle hurlait à s’en époumoner, sans retenue, tandis que j’avais peine à réfréner mes symptômes d’homme en pleine satisfaction : la bouche ouverte dégageant une respiration irrégulière, le corps légèrement tremblant, les spasmes au niveau des cuisses, et l’envie d’aller plus loin encore. Mes mains l’enveloppaient, et elle s’agrippait aux draps. Dans ses bras, je me sentais un autre, un peu comme ces héros d’un autre temps qui n’avaient aucun complexe et qui savaient séduire de par leur seul aspect. En elle, je pouvais tout, il n’y avait pas de limites, toutes les portes m’étaient ouvertes. Et je la pris donc entièrement, derrière elle, avec force et passion. Nous aimions cela, nous nous serrâmes les mains, pour affirmer que tout ce chaos de plaisir était bien réel. Enfin, je sentis que j’allais venir, et je me saisis de tout son corps pour le faire avec elle. Ensemble, nous poussâmes un dernier cri pendant que mon sexe se vida en elle, et en cet instant mon corps explosa de soulagement. Je m’écroulai dans ses bras, à côté d’elle. Elle me baisa le front. Nos corps devaient à présent se reposer, et nous allumâmes chacun une cigarette. En fumant, je repensai à tout cela, et j’en tirai quelque chose de merveilleux, de sublime. Oui, j’avais atteint le sublime, et ce grâce à elle. Je lui embrassai la joue, comme par remerciement. Nous ne parlâmes pas. Elle s’endormit. Moi, je n’y arrivai pas, et je me sentais désormais inutile. Je me rhabillai, et de la porte de la chambre, je la regardai une dernière fois, nue sous sa couette, paisiblement rêveuse. « Perfection, quand tu nous tiens… », Pensai-je. Je parvins enfin à lui dire adieu, je lui tournai le dos et m’en allai. Je ne la revis plus jamais.

 

Nico Kapa

Par NicoKapa - Publié dans : Littérature - Communauté : vos poèmes
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